Premiers retours sur votre participation à Appétisol

Bonjour à toutes et tous. Quelques mois après le lancement de notre test du protocole Appétisol, c’est pour nous l’occasion de faire le premier bilan. Tout d’abord, nous tenons à vous remercier de votre participation active. Ce sont déjà 31 relevés qui ont été effectués dans 13 établissements, structures associées ou quelquefois dans des domiciles personnels. Les premiers résultats :

Le protocole appétisol sera donc déployé afin de travailler sur l’évolution de la fonction de décomposition du sol et sur la potentielle identification des facteurs qui pourraient l’influencer.

Des résultats contrastés

Voici un premier graphique qui présente tous les résutlats obtenus. Chaque ligne représente une observation. Vous trouverez en légende, sur l’axe des \(y\), un identifiant unique par observation et un rappel de l’établissement, de la zone d’observation ainsi que de la date. L’axe des \(x\) représente lui le nombre de trous. Les couleurs de remplissage des rectangles vous permettent de connaitre l’état de consommation de ces trous. Vous pouvez ainsi comparer relativement tous vos relevés et ceux produits par d’autres participantes ou participants. La légende de ce graphique se trouve tout en bas.

La première bonne nouvelle est que nous obtenons des résultats différents selon les endroits où ont été déposés les bâtonnets. Cela signifie qu’il y a des réponses différentes et que nous allons pouvoir tenter d’analyser les données pour comprendre les déterminants de cette variation.

Des opportunités pour comparer les espaces de votre établissement

Ces résultats montrent des différences intra-établissement également. Nous pensons donc qu’il y a une vrai possibilité de travailler sur les variations de la fonction de décomposition au niveau local.

Nous pensons cependant qu’il est important de noter que les résultats peuvent varier, même lorsque plusieurs observations ont été effectuées sur la même zone. Cela est attendu surtout dans un milieu aussi hétérogène et peu connu que le sol. Vos résultats suivront certaines tendances mais ne serons pas toujours exactement dans l’attendu selon le milieu. Il arrive donc que les trous de batonnets posés dans un milieu favorable à une forte décomposition de la matière organique soit moins consommés que ceux posés dans un milieu qui l’est moins.

Ces résultats, s’ils peuvent être déroutants au premier abord sont l’occasion de se poser des questions (hypothèses) sur les causes que l’on aurait pu manquer. Ils sont aussi une opportunité de faire comprendre le concept de variabilité, la nécessite de faire des répétitions et, comme vous pourrez le constater dans la suite de ce document que c’est l’ensemble des participations qui permet d’avoir assez de données essayer de conclure sur des éléments écologiques.

Niveau de consommation moyen

Vous pouvez déjà comparer vos données à ce référenciel de consommation.

Pour le rendre un peu plus parlant, nous avons décliné ce référentiel en fonction de la profondeur. Les trous les plus proches de la surface sont les plus consommés. Pour l’instant nous n’avons pas d’éléments d’explication solides à communiquer. Nous travaillerons avec nos collègues écologues du sol pour vous donner des éléments de réponse.

Un score de consommation pour rendre les résultats plus facile à interprêter

Afin de rendre le travail de comparaison plus simple, nous allons calculer un score de consommation. Il est obtenu en aditionnant les résultats pour tous les trous (36 au total) en utilisant les correspondances suivantes :

  • non consommé = 0
  • partiellement consommé = 1
  • totalement consommé = 2

Les valeurs peuvent donc varier entre 0 et 72 (36 x 2).

Pour les observations où des bâtons ont été perdus, nous avons réalisé une correction (utilisation de la proportionalité). Ces données sont toutefois moins précises.

Pourquoi est-il plus simple d’utiliser un score de consommation ?

Le score nous permet d’avoir une seule information quantitative pour chaque relevé (ce qui est plus simple que de travailler avec des proportions, surtout quand elle sont associées à 4 catégories). Nous allons ainsi pouvoir utiliser des outils statistiques simples tels que la moyenne ou la médiane pour résumer les données.

Sur le graphique suivant, les observations sont toutes représentées et ordonnées. C’est beaucoup plus simple pour lire les résultats. C’est aussi l’occasion de bien visualiser que la moyenne et la médiane sont différentes.

En écologie, il est rare d’avoir une distribution dite normale. Ici on voit qu’il y a plus de valeurs de score faibles que de valeurs hautes. La distribution est donc assymétrique et cela sera bien visible sur les boites de dispersion présentées ci-après.

Influence du contexte sur la consommation

Nous arrivons maintenant au coeur des raisons pour lesquelles Appétisol est développé. En effet, il s’agit d’un protocole qui permet de se poser des questions sur les variations de l’activité de décomposition dans le sol. Il est particulièrement indiqué pour comparer des zones d’observations locales. Mais les questions à l’échelle globale portent également sur les conditions écologiques qui influence l’activité de décomposition. Lors de votre saisie, nous vous demandons de renseigner des informations sur le contexte de l’observation :

  • date
  • contexte large
  • contexte local
  • durée de l’enfouissement
  • etc…

Ce sont autant de variable que nous allons chercher à relier à l’activité de décomposition.

Effet du couvert végétal sur la consommation

Si l’on se pose la question de la présence d’un couvert végétal, il est possible de représenter les données en fonction de la présence ou de l’absence de plantes.

Représenter tous les points

Autant que possible, il est utile de représenter tous les points. Cela donne une idée de la répartission des données. Si par exemple il n’existait que des cas avec une consommation de 100% ou 0% nous pourrions le voir immédiatement. L’inconvénient c’est que lorsque l’on a beaucoup de point on ne voit plus les différences. Sur cet exemple (A), on a ajouté un peu de déplacement horizontal sur les points afin d’éviter les superpositions. Chaque point représente le score de consommation d’une observation Appétisol.

Boite de dispersion

Une boite de dispersion, aussi appelée boite à moustache (B) permet d’avoir une idée de la répartition des données la barre large au centre du rectangle est la médiane, c’est la valeur qui sépare le jeu de données en 2. Le rectange représente l’espace interquartile, borné par les 1er et 3ème quartiles. Il y a 25% des données entre la valeur la plus faible et le 1er quartile, 25% entre le 1er quartile et la médiane, 25% entre la médiane et le 3ème quartile et 25% entre le 3ème quartile et la valeur la plus haute. Les ségments aux extrémités se prolongent jusqu’au maximum/minimum sauf s’ils sont plus loin que 1,5 fois l’espace interquartile. Cette convention permet de rapidement identifier des valeurs très éloignées des autres.

Moyenne

La moyenne est un moyenne de synthétiser beaucoup les données. C’est particulièrement visible sur le graphique (C) qui représente uniquement la moyenne en rouge. On constate de légère différence entre la moyenne et la médiane. La moyenne étant plus sensible aux valeurs extrèmes.

Plusieurs informations sur le même graphique

Afin d’avoir une information complète et pouvoir faire une comparaison éclairée entre plusieurs situations, on peut supérposer les différentes informations présentées précédement. C’est le graphique (D). Tous les prochains graphiques utiliseront les conventions présentées.

Les données sont ici très dispersées même si une nette tendance se dessine. L’activité de décomposition semble supérieure lorsqu’il y a un couvert végétal. Pour conclure sur des résultats, il faudrait toutefois faire des tests statistiques. Nous vous présentons actuellement une étude très préliminaire, c’est pourquoi nous avons choisi de ne pas poursuivre au-delà d’une simple exploration.

Il est toutefois possible d’aller plus loin et de construire une variable qui prend en compte les différents types de couverts. Les résultats sont alors plus contrastés. Globalement, l’activité maximale est obtenue lorsqu’il y a un couvert sans résidus végétaux. Il est toutefois étonnant que le sol nu ait une activité moyenne plus haute que lorsque des résidus sont présents. Mais cette apparente tendance est à nuancer fortement. Il n’y a que 4 points pour ces valeurs pour le moment.